mercredi 19 décembre 2007

Arc


Il y a un moment que je pense vous raconter cette aventure qui a changé ma vie.

Il y a de cela 7 ou 8 ans, j'avais rejoint pour les vacances, une sorte de camp entre baba cool revisités et thérapeutes créatifs.

Je connaissais l'endroit et savais à quel point l'expérience pouvait être porteuse.
L'année précédente, par exemple, je m'étais lancée dans l'improvisation théâtrale et était parvenue à vaincre ma timidité au point d'oser des sortes de happening sur la plage parmi des étrangers au camp..

Je vous explique le système : des thérapeutes et des artistes professionnels proposent des activités qu'ils veulent tester avant de les mettre en pratique dans leurs ateliers payants, d'autres proposent des ateliers juste en échange de leurs vacances gratuites, il y a de tout et généralement de qualité.
Exemples : sculpture sur pierre,avec des produits de récupération, impro, clown, chant polyphonique, orhestre à partir d'objets de la vie courante, capoeira, danse contact, salsa, tango argentin, créer son site, parler en public, construire des maquettes, méditation , massages, techniques chamaniques, cafés philo, gestion du temps, recyclages d'énergies, ateliers d'écriture ... j'en passe.
De plus, chacun peut proposer quelquechose à partager ( Moi j'avais à l'époque proposé d'apprendre à tirer le tarot mais de façon non divinatoire ... Enfin si ça vous intéresse j'en parlerai une autre fois).

Cette année-là, j'étais surtout intéressée par tout ce qui touchait à la danse et par un atelier "psy" sur les relations hommes-femmes.
Je parcourais donc la grande prairie où chacun présente ses propositions le dimanche pour la semaine et j'essayais fébrilement de goupiller mes ateliers entre-eux...boulimique que j'étais.

Tout à coup, au centre d'une petite place chauve , sous un arbre, je me suis trouvée nez à nez avec...

Arc 2


Avec une énergie très différente...

Un homme se tenait là. Non pas ce genre d'homme qui vous donne envie de tomber en pamoison ou de rentrer cent pieds sous terre ou de rester pendue à ses lèvres...

Non, un homme silencieux jusque dans son apparence, jusque dans son regard, jusque dans ses pieds ...
Un homme silencieux de ce silence qui ouvre un espace et un temps là où on n'imaginait pas qu'il pût y avoir quelquechose, de ce silence large, habité, qui fait plus de bruit qu'un cri.

De fait , ce silence m'a littéralement appelée, aimantée.

Et je suis entrée dans le cercle.

Je ne voyais plus que cet homme mince, à demi-chauve quoique jeune encore, pâle et discret qui me regardait avec un intérêt tranquille.

Il me laissait venir.

C'est alors que j'ai vu...

Arc 3


L'arc à ses pieds.
Un arc long et simple du genre de ceux que pouvaient jadis fabriquer les garçons (période AO : avant ordinateurs)

Echange de regards.

Je me décide : " vous proposez d'apprendre à tirer à l'arc ?"
Lui : " je propose l'arc, les flèches, la cible, je propose l'espace, le temps, et quelques histoires. Pour le reste je ne peux rien faire sans vous"
Vous auriez fait quoi ?

Je me suis inscrite.

Le lendemain , 6 h du mat, j'étais là et 10 autres hommes et femmes avec moi.
Je les revois encore , si différents les uns des autres: le hollandais avec son chapeau à larges bords et son épouse bien plus jeune que lui, le grand fort macho qui faisait de la compétition en tir à l'arc, le Parisien trappu et un peu secret, le jeune et beau ténébreux jouant de son mystère, ...
En arrivant là nous étions rentrés dans le silence de notre ... hôte (?) et si nous avons fait connaissance c'est peu à peu au cours d'une aventure initiatique qui nous a amenés là chaque jour de 6 h à midi, pendant une semaine, qui nous a conduits très loin et au plus près, qui a duré un siècle et une minute.

Le premier jour, nous sommes restés debout et nous avons regardé...

A dix pas de nous se trouvait...

Arc 4


Ce que depuis je ne me résous plus à appeler une cible.

Nous apprenions à nous tenir debout, parfaitement.
Non pas d'une perfection toute faite , venue d'un modèle, imposée par préceptes, mais à notre plus haut degré de stabilité et d'ouverture personnelle.

La respiration devait se faire aisément, rien ne devait entraver la juste perception accessible à nos yeux, notre ouïe, notre peau, notre odorat, nous devions avoir conscience parfaitement de tout ce qui se passait en nous et autour de nous et nous y accorder comme s'accordent des instruments.

De fait nos corps devenaient les instruments de ce qui promettait de se jouer là.

Nous n'avions pas la moindre idée de la cible, nous n'avions pas la moindre idée de l'enjeu, nous ne savions rien de ce qui nous avait conduit là en réalité (à part le grand fort, personne n'avait jamais eu dans l'idée de tenir un arc en mains), mais quand nous nous tenions debout à la perfection, nous le savions.

Quand je me suis tenue debout à ma perfection, une certitude s'est faite en moi : j'étais exactement où je devais être. Je ne savais toujours pas où j'allais ni pourquoi, mais cela devenait sans importance; je faisais l'expérience que nous sommes toujours exactement où nous devons être ... ici et maintenant.

Le jour suivant nous avons rencontré...

Arc 5

L'arc.

Chacun tenait en mains l'arc qui faisait à peu près sa mesure au sol.
Nous avons appris à le tenir à notre perfection, à le brandir, à prendre la flèche dans le carquois, à amener la flèche d'un seul geste arrondi, ample, parfait , juste au centre de l'arc...

Un seul geste.

Nous avons mis 4 heures à y arriver tous.
Puis 2 heures pour tourner notre regard vers la cible et revenir placer notre regard droit devant (puisque nous étions parrallèles à la "cible").
Regarder la cible, la rencontrer du regard, en prendre connaissance, la savoir là à nous regarder elle aussi...

Mais que faisait notre homme silencieux pendant tout ce temps ?

Il donnait le minimum d'indications, seulement "vous levez l'arc, vous l'amenez à hauteur, vous prenez la flèche, vous la placez ici exactement, il ne peut y avoir aucune hésitation, aucun arrêt. Un parfait demi cercle dans l'espace et le temps. Un seul geste.
puis il ne parlait plus que pour raconter une histoire.
Un conte zen, souffi, occidental, une histoire vécue...
Toujours ces histoires étaient un enseignement qui convenait exactement au moment qui se déroulait...

Et nous étions conduits par la main vers....

Arc 6

Nous mêmes...

C'est quand notre grand fort s'est mis à pleurer que nous nous en sommes rendu compte.

Là où nous allions c'était vers un espace sans certitude au centre de nous, là où nous allions nous ne pouvions y aller armés fût-ce d'un arc... Les apparences sont trompeuses: nous ne tirions pas à l'arc, c'était l'arc qui nous tirait.

Là où nous allions, il y avait les autres.

Ce jour là nous avons fait deux choses : nous avons laissé à la flèche l'occasion de faire son trajet vers nous et nous avons rencontré les autres.
Je vous explique : quand votre demi-cercle est parfaitement accompli, vous sentez dans tout votre être que la flèche a une volonté propre et qu'elle "veut " partir.
Vous pourriez croire, comme nous le croyions, (surtout le grand fort qui s'obstinait à vouloir tirer et ratait sans cesse la cible qu'il visait ...) que le but étant de parvenir à la cible, il est facile de lâcher la cible...
je vous rappelle que la "cible" nous ne pouvions plus la regarder, il fallait donc lâcher à l'aveugle...
Et alors, me direz-vous, la belle affaire, on lâche, on s'en fout!

Point du tout.

Pour lâcher il faut avoir lâché à l'intérieur... lâché l'idée même du but, l'idée même que nous ayons un quelconque contrôle sur la situation, l'idée même de nous en train de faire ce que nous faisons ou semblons faire...
Plus la flèche voulait partir plus je me battais pour la placer ou replacer comme je le désirais...
Et notre guide me faisait tout reprendre depuis le début...

Il faut le vivre ce que je vous dit là.

Mais vous connaissez ça: s'acharner à vouloir que les choses se passent comme on a prévu ou désiré même si de topute évidence nous sommes dans une impasse;...?
Quand enfin on se résout, il en résulte une sorte de stupeur et un intense soulagement.
Nous avons commencé à agir deux par deux dos à dos.
Sentir l'autre comme on a appris à sentir tout le contexte...
les observateurs pouvaient voir ce miracle : peu à peu les respirations s'accordaient puis en même temps ils levaient leurs arcs, en même temps ils tiraient, et les flèches se croisaient presque toujours pour arriver ... dans la cible.

Chaque fois ! Dedans !

C'était du délire entre les deux qui agissaient ensemble : certains se regardaient ensuite comme s'ils s'apercevaient qu'ils se connaissaient depuis toujours, d'autres éclataient en sanglots, d'autres encore se jetaient au cou l'un de l'autre et s'étraignaient avec exhubérance ou avec émotion;(ce fut mon cas et j'ai gardé un indéffectible lien d'amitié profonde avec mon compagnon..;vous voulez savoir ? le Parisien trappu.)

Mais le dernier jour fut le plus fort pour moi...

Arc 7

Le dernier jour nous pensions tous que nous ne pourrions aller plus loin que ce que nous avions vécu, qu'il n'y aurait pas d'intensité plus haute.

Nous n'avions pas envie d'y être ce jour là, c'était comme le début d'un deuil et c'était comme la peur de perdre, de gâcher ce que nous avions vécu là...peut-être effacer la magie ?

Nous savions que l'attitude est ce qu'il faut maîtriser , non selon des normes mais selon un ajustement créateur à recommencer chaque fois et chaque fois neuf.

Nous savions que le chemin est le but.

Nous comprenions que l'arc est prolongement de nous, tout sauf une arme, l'arc est un archet qui s'accorde à l'archer pour lui faire donner sa musique.

Nous avions senti que la flèche est le maître.
Nous avions pu vivre qu'il n'y a pas de séparation..
Quoi de plus ?

Nous en sommes tous là : nous serrons notre bonheur de peur de l'avoir rêvé, de peur de le perdre et , hommes de peu de foi, nous le broyons...

Nous y sommes allés tout de même, par respect pour les autres.
Tant pis, on nous avait déjà fait le coup de nous annoncer que "St Nicolas ça n'existait pas " et nous avions survécu...

Jan, notre guide, avait ce jour-là, une histoire particulière pour chacun, une histoire "dédiée" qui lui était apparue comme pertinente à mesure qu'il apprenait à nous connaître au travers de notre rencontre avec l'arc .

Puis nous avons pris l'arc une dernière fois...

Je me place parrallèle à la cible, je rencontre mon espace intérieur et extérieur, moi, les autres, l'arc, il n'y a pas de séparation, je suis tout cela dans une conscience aigüe.
Le mouvement unique , arrondi, la flèche vient se placer.

Je me sens extraordinairement puissante, je me sens minuscule dans la main de quelquechose qui me dépasse et je suis d'accord avec cela.
Je regarde la cible et ....

Soudain, il se passe une chose inouïe : la cible vient vers moi, littéralement je la vois venir très vite vers moi , je tourne mon regard et en même temps la flèche se décide....
Au moment exact où elle va se planter en plein centre je vis un choc physique et émotionnel intense , comme si la "cible" était en moi, à hauteur de mon coeur.
La flèche m'a frappée en plein coeur .
Ma joie est aussi silencieuse qu'exhaltée.

Je ne peux plus dire un mot.
J'ai la certitude que je suis "rentrée à la maison".

Mais je ne sais pas encore l'énorme portée que tout cela aura sur la suite de mon existence.
Je n'ai plus touché d'arc depuis, je n'en ai pas besoin.
Dans toutes les situations de ma vie je le sens dans ma main, je m'ajuste en prenant la plus parfaite position d'accueil et d'écoute, je recommence le geste sans tension jusqu'à ce qu'il se fasse d'un seul tenant, j'accepte la décision de la flèche...

Mon coeur reçoit quand le moment est venu.

Je rentre toujours chez moi après chaque voyage dans la douleur, dans la déception, dans le bouleversement, dans la peur, dans le pays d'un autre, pourvu que je me souvienne de la leçon en moi :

observer sans vouloir et sans juger

être parfaitement moi en accord avec tous mes morceaux et avec l'environnement tel qu'il est ici et maintenant

Faire ce qu'il y a à faire sans hésiter , d'un seul tenant pour "poser " l'acte, la question

Poser le regard, l'intention fermement et avec confiance

Lâcher : le reste ne m' appartient pas et tout travaille pour moi.

Pour vous ce n'est qu'une histoire, mais puisse-t-elle vous ouvrir la porte qui vous emmènera vers une expérience de cet ordre...Il n'est pas nécessaire d'avoir un arc et de connaître Jan...
N'importe quelle circonstance peut vous mettre en situation.

Ne dit-on pas que quand l'élève est prêt, le maître vient ?

Il m'est venu ainsi parce que j'avais besoin de cette clairière, de cet homme banal en apparence, de cette chose étrangère à mon paysage "l'arc", de ces histoires...

Ne cherchez pas l'arc...
Cherchez le coeur!

mercredi 21 novembre 2007

Persister


Voilà bien la difficulté majeure : le matin est si noir et la route est si longue.


La fatigue me fait comme deux grandes oreilles où chaque son entre en trombe et qui me tombent sur la nuque..;

La fatigue cogne comme un deuxième coeur toujours à grimper mes côtes quatre à quatre...

La fatigue me fronce le front à chercher d'improbables chemins cryptés en marge des autoroutes , des chemins où les hommes marchent l'amble

La fatigue assassine mes yeux qui cherchent encore encore encore et finalement trouvent...

Vers 8 h , la lumière.


Elle est dans le regard de mes collègues : "ça va ?" on se répond "non" en riant .


La journée est si claire, quoiqu'il arrive: nous sommes en vie!


La journée se tient droite , elle sait où elle va, et je me laisse faire par son incroyable imagination...pas envie de dormir. Pas envie d'en manquer un instant, une perle, un caillou.

Je la suis en courant, en flânant,en rampant, en volant, en étant moi que j'en tremble...


Tenir.


Rire.


Apprendre.


Offrir.


Puis la route est si longue et puis le ciel si noir...


Personne dans la maison froide...??

Si!!! Tout un peuple qui ne m'en veut de rien. C'est un miracle:

un constant" non anniversaire..."

Cinq chats affamés et sereins, un chien saoûl de solitude et sûr d'avoir été efficace , un téléphone qui avoue avoir sonné, une liste d'amis , le livre impatient...et moi qui me sourit.

mercredi 7 novembre 2007

La fatigue ..;et l'ange

Quand cet épuisement arrive, il marche d'abord sur ses charmants chaussons couleur sommeil...
On le regarde du coin de l'oeil, on lui sourit distraitement.
Puis il s'ébat, encouragé par l'accueil désinvolte.
Il prend de la place.
On cherche à le circonscrire aux limites de notre divan (encore lui !) ou de notre lit...
Assertivité oblige: " tu peux me déranger quand je suis à ces endroits et je t'y recevrai avec plaisir." Mon oeil !
Pas con le bourdon!
Il sait pertinemment que même là on lui donnera peu de place: on veut lire, on veut penser et repenser , etc(disons-le comme cela: etc)
Donc il n'écoute que sa détermination à capter TOUTE l'attention.
Il est à présent quasi maître des lieux et ...on avance encore , ployant sous son poids, on fait tout comme s'il n'était pas là.
Il en profite.
Il se met à parler à notre place, à s'asseoir sur nos paupières quand nous sommes au volant, à réclamer sa part du festin , à exiger café, vin, douche froide, vitamines...
Nous voici la proie des marchands de vigueur.

Il y a des stades: la crise de nerfs à l'annonce d'un manque de feuilles dans l'imprimante est le premier des ultimes.
Le dernier : l'apathie absolue au moment de l'évacuation générale

Pourquoi je parle en "on" ?

J'en suis au sourire béat, quoiqu'il arrive.


Le sourire de l'ange ?

vendredi 26 octobre 2007

La solitude


Est mon amie.

Pas facile à vivre, mais extraordinaire, la fille.

Elle s'invite mais sait se faire discrète.

Si je l'installe avec des coussins autour, une tasse de thé, que je lui parle gentiment, elle dit des tas de choses intéressantes.

Elle a roulé sa bosse, elle en connaît un bout.

Si je lui sert un verre de vin, elle est imprévisible: parfois, elle se lâche et fait des révélations me concernant qu'il aurait mieux valu ne jamais mettre au jour....mais, bon, je ne lui en veux pas. D'abord parce que j'aime autant voir clairement qui je suis , ensuite si je cherche à la contredire et qu'il n'y a personne près de nous pour rétablir l'équilibre, elle est plus forte que moi et ça se termine dans les larmes...les miennes, bien sûr

Parfois elle s'approche et me prend dans ses bras, elle me susure à l'oreille des idées géniales que je n'aurais jamais eues seule...

Il fait toujours si calme quand elle est là !

Je sais qu'elle m'aime....ça me rend moins seule !

mercredi 10 octobre 2007

ça roule


Parfois aussi, ça roule malgré tout , cahin- cahas..et c'est quand il y a quelqu'un qui me demande l'heure, un avis, une compétence, un sourire, la vie...parfois ça roule et c'est quand il n'y a rien d'autre que la joie pure, sans prétexte, d'être au monde...
Parfois ça roule et c'est quand il y a quelques souvenirs qui viennent dire" oh, tu peux bien mourir ou te contenter de peu tu as vécu à fond, tout , tout était si intense ! parfois ça roule et c'est quand je ne me contente pas de peu et je continue à vivre, vivre, vivre...

samedi 15 septembre 2007

me voilà bien seule

L'enfant ...18 ans ! on dirait que je viens d'accoucher à nouveau;Même blues de l'après, même dose de kilos en plus ,mais rien dans les bras ...
La maison perdue dans la campagne fait plein de bruits que je ne reconnais plus.Ce n'est pas la peur qui m'étreint , ce n'est pas ce que j'imaginerais derrière ces bruits qui me glace, c'est de ne rien reconnaître soudain, pas même rien de moi .
Qui j'ai été, qui je suis, et ce qui en moi veut encore être quelqu'un ou quelquechose.
Et est-ce que je veux encore ?
Je fonctionne, sans ce feu sacré qui me brûlait trop finalement mais sans lequel rien n'éclaire, rien n'est clair.
Nous avons toujours le choix de nous distraire, moi plus que d'autres car j'ai tant et tant de préoccupations, tant d'amoureux qui se présentent encore, tant d'amis qui attendent que je leur fasse signe et que je me montre pareille à celle que j'ai été...laquelle, s'il vous plaît ? laquelle qui vous plaît ?
Tant de projets etc.
Mais où donc suis-je dans tout cela et à quel point y suis-je ?
J'ai honte aussi: je lisais ce livre que Christane Singer a écrit à l'ombre de la mort proche et il est à ce point lumineux que je me cache de n'être pas sûre de pouvoir.

vendredi 14 septembre 2007

l'ombre

révèle la lumière, l'ombre s'intéresse à la lumière, elle en tombe , en tombe vertigineusement amoureuse, s'efforce de la séduire, cherche à l'envelopper, mais la lumière veut la tuer, la réduire, la chasser....La lumière se montre. Elle se montre parfois diabolique, noire, cruelle,et l'ombre danse, se tord de rire, ridiculise la forme fixe et polie, l'encense, la pousse à bout...la recrée.
Ce que j'aime dans la lumière, c'est peut-être surtout, finalement ,son ombre

ombre


d'un arbre

que dire

de tout ce qui ne se dit pas ? que dire quand on ne parle pas ? que dire en silence, du silence ? Que dire des agneaux et de leurs loups...car tout agneau appelle son loup à grands cris...

mais le problème

est que je ne sais plus que dire, déjà

or donc

Je sais qu'il est impoli de commencer une lettre , surtout, sans doute, une lettre d'excuses, par "je", mais, d'une part je voudrais insister sur le fait que je prends mes responsabilités, d'autre part, je suis dans une phase très "lion" et n'ai envie de parler que de moi.
Or donc, je vous prie de m'excuser, d'arriver en retard: à 5 ans j'ai décidé d'écrire un jour, à 6 ans j'ai commencé à écrire (tandis que les autres déchiffraient doucement les livres d'école) et ...c'est seulement maintenant que je viens à vous avec ces mots qui se pressent ..
Tant de temps...
Je n'ai jamais cessé d'écrire mais je n'ai rien porté à votre connaissance et à présent je ne suis pas sûre de trouver le fil qui fera que vous aurez envie de me lire.
Je vais parler de moi, oui, mais je voudrais ne dire que ces expériences qui m'ont grandie, ce que j'ai pu comprendre du fonctionnement de ce processus appelé "vie" et dans ce domaine toute généralisation devient une bêtise . Parler d'autres personnes que de soi, prendre la parole à la place de quelqu'un (qui n'est jamais là) est une généralisation...
Je voudrais parler de moi simplement pour que vous découvriez votre propre voie...
Pour que vous trouviez vos mots.

Lacan

la persistance du Bal à travers le "bla" récurrent est un lapsus de l'ordre d'un dansé verbal sociologiquement non neutre sous-tendu par un non dit événementiel absconsubstantirellement neutre;