Quand cet épuisement arrive, il marche d'abord sur ses charmants chaussons couleur sommeil...
On le regarde du coin de l'oeil, on lui sourit distraitement.
Puis il s'ébat, encouragé par l'accueil désinvolte.
Il prend de la place.
On cherche à le circonscrire aux limites de notre divan (encore lui !) ou de notre lit...
Assertivité oblige: " tu peux me déranger quand je suis à ces endroits et je t'y recevrai avec plaisir." Mon oeil !
Pas con le bourdon!
Il sait pertinemment que même là on lui donnera peu de place: on veut lire, on veut penser et repenser , etc(disons-le comme cela: etc)
Donc il n'écoute que sa détermination à capter TOUTE l'attention.
Il est à présent quasi maître des lieux et ...on avance encore , ployant sous son poids, on fait tout comme s'il n'était pas là.
Il en profite.
Il se met à parler à notre place, à s'asseoir sur nos paupières quand nous sommes au volant, à réclamer sa part du festin , à exiger café, vin, douche froide, vitamines...
Nous voici la proie des marchands de vigueur.
Il y a des stades: la crise de nerfs à l'annonce d'un manque de feuilles dans l'imprimante est le premier des ultimes.
Le dernier : l'apathie absolue au moment de l'évacuation générale
Pourquoi je parle en "on" ?
J'en suis au sourire béat, quoiqu'il arrive.
Le sourire de l'ange ?
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