mercredi 21 novembre 2007

Persister


Voilà bien la difficulté majeure : le matin est si noir et la route est si longue.


La fatigue me fait comme deux grandes oreilles où chaque son entre en trombe et qui me tombent sur la nuque..;

La fatigue cogne comme un deuxième coeur toujours à grimper mes côtes quatre à quatre...

La fatigue me fronce le front à chercher d'improbables chemins cryptés en marge des autoroutes , des chemins où les hommes marchent l'amble

La fatigue assassine mes yeux qui cherchent encore encore encore et finalement trouvent...

Vers 8 h , la lumière.


Elle est dans le regard de mes collègues : "ça va ?" on se répond "non" en riant .


La journée est si claire, quoiqu'il arrive: nous sommes en vie!


La journée se tient droite , elle sait où elle va, et je me laisse faire par son incroyable imagination...pas envie de dormir. Pas envie d'en manquer un instant, une perle, un caillou.

Je la suis en courant, en flânant,en rampant, en volant, en étant moi que j'en tremble...


Tenir.


Rire.


Apprendre.


Offrir.


Puis la route est si longue et puis le ciel si noir...


Personne dans la maison froide...??

Si!!! Tout un peuple qui ne m'en veut de rien. C'est un miracle:

un constant" non anniversaire..."

Cinq chats affamés et sereins, un chien saoûl de solitude et sûr d'avoir été efficace , un téléphone qui avoue avoir sonné, une liste d'amis , le livre impatient...et moi qui me sourit.

mercredi 7 novembre 2007

La fatigue ..;et l'ange

Quand cet épuisement arrive, il marche d'abord sur ses charmants chaussons couleur sommeil...
On le regarde du coin de l'oeil, on lui sourit distraitement.
Puis il s'ébat, encouragé par l'accueil désinvolte.
Il prend de la place.
On cherche à le circonscrire aux limites de notre divan (encore lui !) ou de notre lit...
Assertivité oblige: " tu peux me déranger quand je suis à ces endroits et je t'y recevrai avec plaisir." Mon oeil !
Pas con le bourdon!
Il sait pertinemment que même là on lui donnera peu de place: on veut lire, on veut penser et repenser , etc(disons-le comme cela: etc)
Donc il n'écoute que sa détermination à capter TOUTE l'attention.
Il est à présent quasi maître des lieux et ...on avance encore , ployant sous son poids, on fait tout comme s'il n'était pas là.
Il en profite.
Il se met à parler à notre place, à s'asseoir sur nos paupières quand nous sommes au volant, à réclamer sa part du festin , à exiger café, vin, douche froide, vitamines...
Nous voici la proie des marchands de vigueur.

Il y a des stades: la crise de nerfs à l'annonce d'un manque de feuilles dans l'imprimante est le premier des ultimes.
Le dernier : l'apathie absolue au moment de l'évacuation générale

Pourquoi je parle en "on" ?

J'en suis au sourire béat, quoiqu'il arrive.


Le sourire de l'ange ?