mercredi 19 décembre 2007

Arc 4


Ce que depuis je ne me résous plus à appeler une cible.

Nous apprenions à nous tenir debout, parfaitement.
Non pas d'une perfection toute faite , venue d'un modèle, imposée par préceptes, mais à notre plus haut degré de stabilité et d'ouverture personnelle.

La respiration devait se faire aisément, rien ne devait entraver la juste perception accessible à nos yeux, notre ouïe, notre peau, notre odorat, nous devions avoir conscience parfaitement de tout ce qui se passait en nous et autour de nous et nous y accorder comme s'accordent des instruments.

De fait nos corps devenaient les instruments de ce qui promettait de se jouer là.

Nous n'avions pas la moindre idée de la cible, nous n'avions pas la moindre idée de l'enjeu, nous ne savions rien de ce qui nous avait conduit là en réalité (à part le grand fort, personne n'avait jamais eu dans l'idée de tenir un arc en mains), mais quand nous nous tenions debout à la perfection, nous le savions.

Quand je me suis tenue debout à ma perfection, une certitude s'est faite en moi : j'étais exactement où je devais être. Je ne savais toujours pas où j'allais ni pourquoi, mais cela devenait sans importance; je faisais l'expérience que nous sommes toujours exactement où nous devons être ... ici et maintenant.

Le jour suivant nous avons rencontré...

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