dimanche 13 janvier 2008

Dimanche


Devant ma fenêtre mes 40 ares de jardin sont le lieu d'une terrible bataille: dans les haies , la verdeur du troëne , l'érable et son réseau, le charme élancé et l'agressive vigueur de l'aubépin s'efforcent vers le ciel encore loin et les fils électriques beaucoup plus proches en vue d'une illumination radicale.
Dans les parterres où la mousse a posé son bâillon, les rosiers poignardent les hortensias sous l'oeil indifférent de cette gouape d'arbre à papillon qui sait qu'il n'a rien à craindre de l'hiver et de ses congénères.
La lavande cherche à fuir et ça lui donne un air de balai de sorcière.
Mon regard, passant à gué sur les 38 terrils des taupes probablement transgéniques, comprend avant d'avoir atteint les noisetiers du petit bois au bout là-bas, que je devrai définitivement cesser d'appeler "gazon" ma prairie ce printemps...D'ailleurs il n'y avait plus que moi pour m'obstiner à nier l'évidence: ici le sauvage l'emporte sur le domestique, le foisonnement sur la discipline- c'est le bon côté-mais aussi c'est comme une friche à laquelle manque un outil- au bout d'un bras- au bout d'une détermination qui ne serait pas la mienne- éclairée par deux beaux yeux qui me regarderaient verser le verre de récompense le soir et préparer le repas ...etc

Dimanche.
Absence de ces yeux-là.
Plein d'autres ...pas là aujourd'hui.
Plein d'autres aimés, aimants...pas avec un outil au bout.

Seule dans ma friche, je trouve l'hiver bon qui me permet de me reposer au lieu de rentrer dans la bataille végétale .
Finalement.

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